Bon, il faut que je l'avoue, je suis (très) en retard dans mes projets Capsule. Entre la prise de mon nouveau boulot en août, le fait de m'attaquer à une expertise qui m’était jusqu'alors inconnue (coudre des chaussures) et j'avais déjà perdu un mois. Mais avec ce nouveau projet, et un tissu technique, et bien j'ai à nouveau perdu un mois et je vous présente donc aujourd'hui mon projet de septembre (hum hum).

Septembre donc, était le mois de la veste, et j'avais choisi le trench Londres d'Orageuse Paris. J'aimais beaucoup sa coupe droite et fluide, et pour ma morphologie, il semblait parfait. Je me suis donc tenue à ce que j'avais prévu.

À la base, je voulais le coudre en bleu marine, pour remplacer un trench du commerce de mon dressing. Mais ce fameux trench étant fans un très bon état, au final il n'y avait pas de raison de coudre plus ou moins son frère jumeau. Donc j'ai décidé de coudre un version dans une couleur très automnale, dans une matière très fluide. J'avais très envie depuis un moment de tester les tissus provenant de chez Telaio, qui fait notamment de très jolis cupros. Au final, mon choix s'est porté sur un tissu en polynosic (une fibre de cellulose régénérée dans des conditions particulières, ce qui la conduit à avoir des propriétés très proches de celles des textiles naturels) très fin et à toucher peau de pêche. Au niveau de la couleur, après moult interrogations, je dirais que c'est pêche de vigne. Mais si vous avez d'autres noms en tête qui peuvent être plus parlants, je prends !!

Bref une fois mes 3 mètres de tissus arrivés (la version longue est gourmande en tissu), il a fallu se poser la question du biais, car c'est un modèle non doublé (pour préserver le côté fluide du vêtement) mais comme toutes les coutures se voient, il faut ganser afin que tout soit nickel à l’intérieur ! Initialement je voulais utiliser du biais Liberty. Mais en faisant le calcul 15 mètres fois le prix du biais Liberty au mètre, j’ai rapidement laissé tomber.

Mais je n'étais pas prête à mettre n'importe quel biais pour autant ! Du coup, j'ai acheté 50cm de batiste Twist Dark Blue d'Atelier Brunette et j'ai décidé que ce serait mon tissu de poches ET mon biais. Bon il ne faut quand même pas être maso, j'ai également acheté un appareil à biais (15 mètres de biais je vous rappelle !). Et au final, pour 10 euros de tissu j’ai eu assez pour mes poches, pour la doublure du bavolet et pour mes 15 mètres de biais. Beaucoup plus raisonnable que les plus de 35 euros de biais Liberty. Bon par contre on ne va pas se mentir, faire du biais c'est long. Donc 15 mètres de biais c'est très long. Je n'en ferai pas tous les jours. Par contre je dois dire que j'aime beaucoup le rendu !

Bref une fois les 15 mètres de biais terminés, j'ai pu commencer à ganser. Et il n'y a pas à dire, c'est long aussi !! Alors pour gagner du temps, au lieu de ganser via la méthode classique, en deux temps, j'ai directement cousu le biais à cheval. Et c'est presque tout aussi bien (en tout cas ça me convient) et c'est diviser le temps de gansage par deux ! Par contre j'ai pris le temps de faire de beaux angles, comme au niveau de la genre, et j'ai préféré coudre certaines pièces avant de les ganser (par exemple les pièces de la parementure) pour un rendu plus propre.

La réalisation du trench ne pose pas de difficulté en soi. Il faut juste être minutieux lors de la couture des poches paysannes (que je trouve très basses, enfin pour moi ça va car je suis grande, mais attention aux plus petites, je pense que ça peut devenir inesthétique). Par contre je me suis sérieusement posé la question de l'utilité des pinces poitrine sur un vêtement aussi ample. J'aurais pu les résorber mais la sainte flemme s’était emparée de moi à ce moment-là. Mais si seconde réalisation il y a, c'est sûr qu'elles seront résorbées.

Mais deux difficultés se sont posées et cela explique pourquoi la réalisation de cette pièce m'a pris autant de temps :

1)      Le tissu, bien que très fluide est technique et se comporte avec les défauts de la viscose ET du polyester : il lustre dès qu'on repasse avec le fer trop chaud MAIS il ne s’aplatit pas si on repasse avec un fer trop doux… Du coup la pattemouille a été mon alliée pour pas mal de coutures MAIS (cf 2e problème)

2)      L’entoilage que j’avais en stock était une vraie DAUBE ! C'est-à-dire qu'il mettait du temps à adhérer au tissu et qu'il se décollait (il se décolle encore par endroits d'ailleurs) après une demi heure. Mais si je passais le fer plus chaud, je risquais de lutter davantage mon tissu, et brûler mon entoilage, et bien sûr, sur de l’entoilage, humidité interdite donc adieu la pattemouille… Et le comble c'est que je ne sais plus d'où il vient (Fil 2000 ou le marché saint pierre) donc je ne sais même plus chez qui je ne dois plus en acheter… Et le comble du comble c'est que je me suis rendue compte que l'entoilage ne tenait pas après avoir tout gansé… Donc j'ai laissé tel quel mais ça me servira de leçon…

Bref une fois ces deux difficultés passées on pense en avoir fini. Et c'est faux ! Il reste beaucoup de couture à la main, afin de fixer la parementure et les ourlets des manches et du bas.

Afin que le rendu soit plus propre, j'ai modifié l'ordre de montage pour l'ourlet du bas. Ça donne moins d’épaisseurs et c'est plus net à mon sens. Mais je dois avouer que pour une débutante, les explications sont peut être un peu juste à ce niveau.

Et enfiiiiin ! Il était finiiiii ! Oui enfin juste quand on commence à frôler le zéro degrés, normal quoi !

Voici donc le rendu de Londres à Paris !

La séance photo était un peu particulière car la nuit tombait, et comme j’aimais le rendu des deux types de photos, je vous en fait profiter.

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Vous remarquerez mon pull Rue Mazarine et mon châle Brushwood dont je vous parle bientôt

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Jolis détails de l'épaule

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C'est dommage, on voit beaucoup l'ourlet invisible et l'entoilage sur les photos. Heureusement en vrai on le voit moins.

J'ai noué la ceinture dans le dos, je porte toujours mes trenchs comme ça/

 

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Il est léger comme une plume, et j'adore !

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Les poches paysanes

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Et voici tout de même une photo du trench fermé. J'ai l'impression d'être en peignoir, ce n'est pas vraiment moi

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Et voilà le détail du gansage !

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Et l'ourlet hyper propre !

 

Franchement ce pont de Bir Hakeim est toujours blindé de mariées qui font des photos (été comme hiver, quelles que soient les températures) donc je semblait bien couverte avec mon trench à côté (il ne faisait pas chaud mais au moins j’avais moins froid qu'elles !).

Bref malgré toutes ces péripéties, je l'adore et j’espère bien pouvoir le remettre rapidement lors d'un redoux de températures !

Et vous ? Vous tenez-vous à votre programme capsule ou avez-vous des « dérapages » vis-à-vis du planning ?

 


Patron : Trench Londres d'Orageuse

Tissu : Polynosic rouille de chez Telaio

Taille : 40, manches rallongées de 3cm

Prix : 67,50€ (dont 8,50€ de patron, 45€ de tissu principal, 10€ de doublure, 3€ d'entoilage et 1€ de fil)

Difficultés : Vous l'aurez compris, les difficultés résidaient pour moi dans la technicité de mon tissu et dans la merd*cité de l'entoilage. Si vous n'avez jamais fait de poches passepoilées, il vaut mieux s’entraîner avant aussi !